Les nouvelles technologies nous rendent-elles plus intelligents ?

Le Press Club de France a accueilli au sein de ses locaux deux spécialistes du sujet. Francis BALLE,  professeur de philosophie, enseigne aujourd’hui la science politique à l’Université Panthéon-Assas. Ancien membre du CSA, co-fondateur en 2007 de « La revue européenne des médias et du numérique ». Christian GATARD, sociologue fondateur de « Gatard et associés » à l’institut d’études et de recherche en marketing, auteur d’articles sur l’innovation sociale et culturelle, il sillonne la France et le monde pour y présenter des « RoadS showS du futur ». Ce débat sur les nouvelles technologies soulève quelques problèmes comme la chute de la culture mondiale ou bien l’internet non régulé. Chaque problème a sa solution ! Cette union forcée avec les nouvelles technologies nous rendra-t-elle plus intelligent ?

Une culture en déclin ? La ruse et la curiosité, des moyens pour s’en sortir?

Débat sur les nouvelles technologies au Press Club
Débat sur les nouvelles technologies. De gauche à droite : Christian Gatard, Christophe Bys journaliste à l’Usine Nouvelle et Francis Balle. Photo Géraldine Gomaere

Francis BALLE s’inquiète de la place de plus en plus importante prise par les nouvelles technologies : c’est la perte de la culture mondiale. Selon lui « La culture médiatique mondiale prend la place des disciplines de l’humanité et on se dirige droit vers le Transhumanisme ». Pour lui, c’est clair, « les nouvelles technologies ne nous rendent pas toujours service ». En revanche, Christian GATARD n’est pas inquiet face à notre avancée vers le Transhumanisme. Au travers de tous ses voyages, en qualité de sociologue, dans chaque pays, il a été témoin des différences des couches de cultures. La culture est la source d’un réel développement. Pour lui le constat est positif car

« On est dans des cycles de recherche en permanence, en quête de la Vérité ».

La solution repose sur « deux vrais mamelles culturelles de demain qui sont la ruse et la curiosité. »

L’histoire et la mythologie : des outils de réponse ?

Christian GATARD se base également sur l’histoire et la mythologie pour répondre à ce phénomène. Selon lui, « les mythologies du futur sont inspirées des mythologies anciennes », et pour expliquer le web, il se base sur un mythe littéraire : « la tragédie faustienne c’est celle de Google ». De même, si on regarde le passé, le présent semble d’avantage positif. En effet, « on se tue moins » et il va de soi que :

« s’il n’y avait pas cette notion de réconciliation avec le monde, on irait droit dans le mur. Il faut partager les connaissances ».

Francis BALLE prend pour exemple la mondialisation, et affirme : « A l’époque de la mondialisation on croyait  que les civilisations seraient dopées par internet », pour lui : « chaque civilisations doit survivre ».

Surabondance d’information : sait-on faire le tri ?

Pour Francis  BALLE « Sur internet c’est à nous de savoir faire le tri « , car « Internet est omniprésent »,

« Il n’y a plus aucun pays aujourd’hui qui peut vivre sans les ondes d’internet au-delà des frontières ».

Il rajoute « Le problème n’est pas la surabondance de l’information mais le fait de ne pas forcément savoir nager dans cette masse d’information ». Pour réguler le phénomène, il évoque le retour des « médiateurs » en exemple : « les musées font de plus en plus appel à leurs compétences pour expliquer et dialoguer avec les enfants ». L’éducation devient  très importante pour compléter et corriger les informations déjà acquises par avance par le public  utilisateur (devenu sur-consommateur).

Christian GATARD  signale un autre état de fait : le besoin du spectaculaire. En effet, les nouvelles technologies créent et développent nos besoins du spectaculaire et du sensationnel. « Le monde doit s’adapter »,  pour exemple : la sortie d’Avatar, « Google fait son show ».

 » On oublie d’être étonné »

Francis BALLE s’insurge sur le fait d’être constamment « traqué » sur internet et « on oublie d’être étonné ». Il prend pour exemple les algorithmes de Netflix qui proposent des recommandations lorsque l’on surfe sur leur site : « Vous devriez lire tel livre ! »  Le lecteur passe sous contrôle du narrateur, pour lui :

« Il n’y a plus aucun effet de surprise ».

A plus ou moins long terme, la notion de risque n’existera plus. Christian GATARD n’est pas de cet avis,  « il faut mettre en avant  l’allégeance rebelle car à l’intérieur de ce système il y a une rébellion… « .

Ailleurs : Art, hybridation… face aux nouvelles technologies ?

Christian GATARD en grand voyageur, constate et explique : « Avec et grâce aux nouvelles technologies, les africains ont pris de l’avance sur nous ». Internet est partout en Afrique. Le deuxième point fort de l’Afrique est l’émergence de l’Art africain qui est sans aucun doute le point nouveau du melting-pot.  Même si internet est plus lent qu’ailleurs, « l’art et la fonction sociale de l’artiste sont devenus des éléments très important pour ce continent ».  Et rajoute « en Chine, l’hybridation s’y est bien développée et confirme y avoir un potentiel énorme. »

Tout en restant vigilant sur les « postures et les impostures », véhiculées et amplifiées avec l’usage d’internet, le monde de demain doit compter avec tous les continents et rendre le partage des informations accessible à tous les territoires et à toutes les cultures.

Bibliographie :

Francis BALLE : Le choc des incultures (144 pages)
Christian GATARD : Pour décoder le monde qui vient (384 pages)

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Géraldine Gomaere

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