Nouveaux journalistes, nouveaux attachés de presse ?

Certains les nomment les « journalistes Shiva ». Face à ces journalistes débordés, totalement noyés dans leurs nouveaux supports de communications, se trouvent des attachés de presse désemparés.  Ces derniers ont de plus en plus de difficultés à transmettre les messages à leurs interlocuteurs privilégiés. Ce mardi 15 mars nouveau débat au Press Club de France pour soulever ce problème. Pour en débattre : Hubert COUDURIER , directeur de l’information du Télégramme, Patrick ROGER, Journaliste-présentateur des grandes éditions, ex-directeur de la rédaction d’Europe 1, Christophe BYS, Journaliste management, ressources humaines à l’Usine Nouvelle et Cyndie BETTANT, responsable communication Cision.

Des journalistes d’avantages connectés

Nouveaux journalistes, nouveaux attachés de presse?
Photo. DR. Niuton may

Patrick ROGER  explique que trois grands changements sont intervenus depuis une dizaine d’année chez les journalistes. De nouveaux outils sont disponibles, le paysage médiatique a évolué et une crise financière est apparue. Pour Christophe BYS, depuis 2008, d’autres changements sont à prendre en compte dans le métier de journaliste, notamment, le double de sujets à traiter rendant le travail plus difficile à gérer, avec des sources toujours plus nombreuses: il se sent noyé. Selon lui,

« C’est comme une sorte de centrifugeuse dans laquelle le journaliste essaie de survivre ».

Hubert COUDURIER, lui, connait bien le milieu depuis une trentaine d’années. Il se rend aussi à cette évidence, et constate qu’il y a une véritable fragmentation des médias. L’information est constamment reprise par tout le monde. Les nouveaux outils médiatiques le permettant, chacun tient à surenchérir de son avis. Enfin, pour survivre, la presse doit se renouveler :

« Aujourd’hui il faut d’avantage de marketing et changer le format de communication pour devenir tri média : print/vidéo/internet ».

« Le métier d’attaché de presse en l’état est mort ! » Comment le renouveler ?

Selon Patrick ROGER, ce métier d’attaché de presse est fini. Il pronostique une renaissance par le côté promotionnel et communicatif, et insiste sur le fait qu’il ne faut pas tomber pour autant dans le marketing pur. Enfin, le besoin d’élaborer une nouvelle manière de travail et d’échange avec les journalistes pour réinventer ce métier, l’internet est aussi évoqué. Il recommande aux attachés de presse de mieux cibler leurs  destinataires et donc de revoir leurs fichiers de journalistes. Selon Cyndie BETTANT, il existerait toutes les castes au sein du métier d’attaché de presse. La caste la plus étonnante est l’attaché de presse « hybride » : il serait entre le community management et la relation presse.  Enfin, maîtriser les réseaux sociaux est devenu primordial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, Facebook est la plus grosse source d’information pour les journalistes.

Selon Patrick ROGER, l’évolution va très vite. Les attachés de presse s’interrogent sur le fait de retwitter l’article déjà rédigé suite à un communiqué de presse envoyé et déjà traité par Twitter,. Enfin, au niveau de la forme, 20% des journalistes veulent recevoir l’information sur le web plutôt que par papier. Selon Cyndie BETTANT, le contenu du communiqué de presse, en lui-même, doit aussi changer. Exemple : la mise en place du contenu appelé l’Inbound marketing. En utilisant des graphiques, les communiqués de presse pourraient prendre une nouvelle forme. Cyndie BETTANT conclut son intervention  par « L’attaché de presse a un bel avenir devant lui« .

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Géraldine Gomaere

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